Une cuve qui se pique après quelques mois de lavage au chlore, un garde-corps qui se tache en bord de mer, un cordon de soudure qui rouille alors que la tôle autour reste intacte : ces défauts ont souvent la même origine, une nuance d’inox mal adaptée à son environnement. L’inox 304L couvre la plupart des usages courants, mais il atteint ses limites dès que les chlorures entrent en jeu.
L’inox 316L (AISI 316L / EN 1.4404) répond à ces situations. Cet acier inoxydable austénitique contient environ 2 % de molybdène, qui renforce sa tenue face au sel et aux produits chlorés, et sa faible teneur en carbone le garde fiable une fois soudé. Cette fiche technique réunit ce qu’un bureau d’études ou un acheteur doit vérifier avant de le spécifier : composition, propriétés mécaniques, comportement en corrosion, différences avec le 316 et précautions de mise en œuvre. SECMI travaille le 316L sur devis, pour des pièces découpées, pliées et assemblées.
Identification de l’inox 316L
- Désignation américaine : AISI 316L (UNS S31603)
- Norme européenne : EN 1.4404, désignation symbolique X2CrNiMo17-12-2
- Famille : acier inoxydable austénitique de la série 300
- Appellations courantes : A4 en visserie, « qualité marine » dans le commerce
- Magnétisme : amagnétique à l’état recuit, légèrement attiré par un aimant après écrouissage à froid
Le « L » signifie low carbon : le carbone est limité à 0,03 %, contre 0,07 % pour le 316 standard (EN 1.4401). Cette faible teneur en carbone réduit la formation de carbures de chrome aux joints de grains quand la matière traverse la plage 450 à 850 °C pendant une soudure. Le métal garde ainsi sa résistance à la corrosion intergranulaire en zone soudée, sans traitement thermique après assemblage. Beaucoup de tôles sont aujourd’hui livrées avec une double certification 316/316L.
Composition chimique du 316L
| Élément | Teneur (%) selon EN 10088-2 |
|---|---|
| Chrome (Cr) | 16,5 – 18,5 |
| Nickel (Ni) | 10 – 13 |
| Molybdène (Mo) | 2 – 2,5 |
| Carbone (C) | ≤ 0,03 |
| Manganèse (Mn) | ≤ 2 |
| Silicium (Si) | ≤ 1 |
| Azote (N) | ≤ 0,10 |
| Phosphore (P) | ≤ 0,045 |
| Soufre (S) | ≤ 0,015 |
| Fer (Fe) | Reste |
Par rapport au 304L, l’écart tient au Mo et à un peu plus de nickel, qui stabilise la structure austénitique. Le chrome forme la couche passive qui protège la surface ; le Mo la rend nettement plus stable face aux chlorures.
Propriétés mécaniques (état recuit)
| Propriété | Tôle laminée à froid (≤ 8 mm) | Plaque laminée à chaud |
|---|---|---|
| Limite élastique Rp0,2 | ≥ 240 MPa | ≥ 220 MPa |
| Résistance à la traction Rm | 530 – 680 MPa | 520 – 670 MPa |
| Allongement A | ≥ 40 % | ≥ 45 % |
| Dureté (ASTM A240) | ≤ 217 HB | ≤ 217 HB |
Valeurs minimales de la norme EN 10088-2. Comme tous les aciers austénitiques, le 316L ne durcit pas par trempe : seul l’écrouissage augmente sa limite élastique. Le recuit d’hypertrempe se fait entre 1 030 et 1 110 °C, suivi d’un refroidissement rapide.
Propriétés physiques
- Masse volumique : 8,0 kg/dm³, soit environ 16 kg pour 1 m² de tôle de 2 mm
- Module d’élasticité : 200 GPa
- Conductivité thermique : 15 W/m·K à 20 °C, environ trois fois moins que l’acier au carbone
- Coefficient de dilatation : 16 × 10⁻⁶ /K entre 20 et 100 °C
- Plage de fusion : environ 1 375 à 1 400 °C
Tenue à la corrosion : ce que change le molybdène
L’indice PREN (Cr + 3,3 × Mo + 16 × N) mesure la résistance à la corrosion par piqûres. Il se situe entre 23 et 28 pour le 316L, contre 18 à 20 pour un 304L. En pratique, la nuance garde une bonne résistance à la corrosion en atmosphère marine, face aux embruns et au sel de déneigement, aux eaux chlorées, aux saumures et à de nombreux acides organiques. Elle supporte aussi les nettoyages répétés aux produits chlorés des industries alimentaires.
Le 316L n’est pas pour autant inoxydable en toutes circonstances. En immersion permanente dans l’eau de mer, dans les recoins où l’oxygène se renouvelle mal, ou au contact de chlorures chauds au-delà d’environ 60 °C, il peut subir une corrosion caverneuse ou une corrosion sous contrainte. Ces environnements demandent un duplex (EN 1.4462) ou un super-austénitique.
Inox 316L ou 316 : quelle différence ?
| Critère | 316 (EN 1.4401) | 316L (EN 1.4404) |
|---|---|---|
| Carbone | ≤ 0,07 % | ≤ 0,03 % |
| Pièces soudées | Risque de sensibilisation sur les fortes épaisseurs | Adapté sans traitement après soudure |
| Caractéristiques mécaniques | Très proches, léger avantage à haute température | Très proches à température ambiante |
| Usage type | Pièces non soudées, service à chaud | Ensembles soudés, chaudronnerie, tubes et cuves |
D’autres variantes existent : le 316Ti (EN 1.4571), stabilisé au titane pour le service entre 400 et 800 °C, et le 1.4435, plus riche en Mo et en nickel, demandé en pharmacie. L’appellation commerciale « acier chirurgical » désigne souvent du 316L ; les implants médicaux utilisent en réalité une version refondue sous vide, le 316LVM.
Entre 304L ou 316L, la règle reste simple : le 304L suffit en intérieur et en milieu peu chloré, le 316L s’impose en bord de mer, au contact du sel ou de produits agressifs. Le prix au kilo suit les cours du nickel et du Mo, avec un surcoût souvent compris entre 20 et 30 % par rapport au 304L, à confirmer au moment du devis. La comparaison détaillée des deux nuances figure dans la fiche technique de l’inox 304.
Découpe, pliage et soudage du 316L
Découpe. Le laser fibre sous azote donne un bord sans oxyde, prêt à souder ou à rester apparent. Une coupe à l’oxygène laisse une couche oxydée qu’il faut reprendre avant assemblage. Notre découpe laser de tôles inox traite ce type de pièce à partir de votre plan.
Pliage. Le 316L s’écrouit vite et revient davantage qu’un acier au carbone après le pli. Prévoir un rayon intérieur au moins égal à l’épaisseur et un léger surpliage pour compenser le retour élastique.
Soudure. Le 316L se soude en TIG, en MIG ou au laser, sans préchauffage. Le métal d’apport est de type 316L (19 12 3 L selon EN ISO 14343, ou 316LSi en fil MIG). La faible conductivité thermique concentre la chaleur : un apport d’énergie modéré limite les déformations. Après l’assemblage par soudure TIG, un décapage puis une passivation éliminent les colorations thermiques et reconstituent la couche passive. Pour un ensemble mixte, la question du soudage de l’inox sur l’acier se règle par le choix d’un métal d’apport adapté.
Usinage. Le métal colle à l’outil : travailler avec des outils carbure, une vitesse de coupe réduite et une lubrification abondante.
Applications industrielles de l’inox 316L
- Agroalimentaire : cuves, saumures, convoyeurs et habillages lavés aux produits chlorés
- Chimie, pharmacie et cosmétique : réservoirs, tubes et tuyauteries de process
- Littoral et nautisme : accastillage, garde-corps et mobilier urbain en bord de mer
- Traitement de l’eau : pièces au contact d’eaux chlorées ou saumâtres
- Médical et instrumentation : plateaux, supports, équipements de laboratoire
- Chaudronnerie en inox 316L : ensembles soudés pour les environnements où le 304L ne tient pas
Limites de l’inox 316L
- Coût matière plus élevé que le 304L, à réserver aux pièces réellement exposées
- Tenue insuffisante en immersion permanente dans l’eau de mer et face aux chlorures chauds
- Dans l’atmosphère des piscines couvertes, les fixations sous charge exigent des nuances plus alliées
- Sensible à la contamination par des particules d’acier au carbone (outils partagés, meulage à proximité), qui provoque des points de rouille en surface
- Aucun durcissement possible par traitement thermique
Inox 316L chez SECMI
Le configurateur en ligne propose l’inox 304L ; le 316L se traite sur devis. Vous joignez votre plan au format DXF, DWG, STEP, PDF ou SolidWorks (10 Mo maximum) : épaisseur, rayons de pliage, soudures et disponibilité de la nuance sont précisés au chiffrage. Pour un projet dans cette nuance, transmettez votre plan pour un chiffrage.

