En atelier de chaudronnerie industrielle, l’assemblage de deux pièces métalliques peut se faire par rivetage, boulonnage ou soudage. Le bon choix dépend des matériaux à assembler, de l’accessibilité des pièces et du besoin ou non de pouvoir démonter l’assemblage par la suite.
Qu’est-ce que le rivetage ?
Le rivetage consiste à assembler deux pièces métalliques à l’aide d’un rivet : une tige munie d’une tête, insérée dans des trous percés au préalable dans les pièces à joindre, puis déformée à l’autre extrémité pour former une seconde tête qui bloque l’ensemble. Le résultat est une liaison définitive, qui ne peut être démontée sans détruire le rivet. Contrairement au soudage, le rivetage n’apporte aucune chaleur aux pièces assemblées, ce qui évite les déformations et les changements de structure du métal.
Rivetage, boulonnage ou soudage : quel procédé d’assemblage choisir ?
Le choix entre ces trois procédés dépend des contraintes du projet : matériaux à assembler, comme nous le détaillions dans notre article sur l’assemblage de l’inox et de l’acier, accès aux pièces, besoin de démontage futur ou tenue mécanique visée.
| Procédé | Point fort | Limite |
|---|---|---|
| Rivetage | Liaison définitive, sans apport de chaleur, adapté aux matériaux différents ou sensibles | Non démontable sans destruction du rivet |
| Boulonnage | Assemblage démontable, pratique pour la maintenance | Ajoute du poids et des points de fixation visibles |
| Soudage | Liaison continue et étanche | Apport de chaleur, risque de déformation sur matériaux fins ou sensibles |
Le rivetage est-il dépassé par la soudure ?
Des clients nous posent parfois la question : la généralisation du soudage industriel a-t-elle rendu le rivetage obsolète ? En pratique, non, le procédé reste choisi délibérément dans plusieurs cas de figure précis, plutôt que par défaut. Sur un assemblage mixte acier-aluminium par exemple, la soudure directe est difficile voire impossible du fait de l’incompatibilité métallurgique des deux matériaux ; le rivetage, lui, n’a pas cette contrainte puisqu’il ne fait pas fondre le métal.
Sur des tôles fines, la chaleur du soudage peut aussi provoquer un retrait ou une déformation visible, ce qui pousse certains ateliers à préférer le rivetage pour préserver la planéité de la pièce. Enfin, certains cahiers des charges imposent un assemblage inspectable ou remplaçable pièce par pièce, ce que permet plus facilement un rivet qu’un cordon de soudure continu. Le rivetage reste un choix technique pertinent quand la soudure atteint ses limites.
Rivetage à chaud ou rivetage à froid : quelle différence ?
Le rivetage à chaud consiste à chauffer le rivet avant de le poser, pour faciliter sa déformation ; il reste utilisé sur certains ouvrages métalliques nécessitant une forte tenue mécanique et un serrage important entre les pièces. Le rivetage à froid, largement plus répandu aujourd’hui, se fait à température ambiante et convient à la majorité des applications industrielles courantes.
Rivets pleins, rivets aveugles : quels types de rivets choisir ?
On distingue les rivets pleins, qui demandent un accès aux deux faces de l’assemblage pour former la seconde tête, des rivets aveugles (ou rivets pop), posés d’un seul côté grâce à une riveteuse et adaptés aux pièces fermées ou difficiles d’accès. Le choix du type de rivet dépend avant tout de l’accessibilité de la pièce à assembler.
Quel outil pour riveter : marteau, pince ou riveteuse pneumatique ?
En atelier, la pose d’un rivet se fait selon les cas au marteau à riveter, à la pince manuelle ou à la riveteuse pneumatique. Le choix de l’outil dépend du diamètre de la tige, du type de rivet posé et du volume de pièces à assembler sur la série.
Comment réaliser un assemblage par rivetage ?
La pose d’un rivet suit un processus précis, qui conditionne directement la tenue de l’assemblage. Les pièces à assembler sont d’abord percées à un diamètre légèrement supérieur à celui de la tige du rivet, pour permettre son insertion sans forcer. Les trous des différentes pièces doivent être parfaitement alignés avant assemblage, faute de quoi le rivet travaille de travers et la liaison perd en résistance.
Le rivet est ensuite inséré dans le trou, tête d’un côté, tige dépassant de l’autre. Sur un rivet plein, l’extrémité libre est déformée par percussion ou matage pour former la seconde tête ; sur un rivet aveugle, une riveteuse tire sur un mandrin interne qui écrase le corps du rivet contre la pièce, sans accès nécessaire à l’autre face. Un contrôle visuel et parfois dimensionnel de la tête formée permet de vérifier que le serrage obtenu correspond à l’épaisseur des pièces assemblées.
Applications industrielles du rivetage
Le rivetage est utilisé dans plusieurs secteurs :
- Aéronautique, pour l’assemblage des structures en aluminium sans fragiliser le métal par la chaleur
- Construction navale et construction métallique, sur les charpentes et ouvrages nécessitant une forte tenue mécanique
- Automobile, pour la fixation de tôles, profilés et éléments de carrosserie
- Chaudronnerie industrielle, sur les structures et équipements sur mesure où le rivetage complète ou remplace le soudage selon les contraintes du projet
Le rivetage chez SECMI
Chez SECMI, le rivetage fait partie des procédés d’assemblage maîtrisés en atelier, aux côtés du soudage et du boulonnage. Notre bureau d’études évalue avec vous, dès la phase de conception, quel procédé convient le mieux à votre projet selon les matériaux à assembler, l’accessibilité des pièces et les contraintes mécaniques visées.
Le choix se fait au cas par cas, pour garantir un assemblage fiable et cohérent avec le reste de la fabrication.



